Lorsque l'on n'a pas d'émotions vraies, intenses, présentement, on s'attache à parler du passé. On court derrière nos souvenirs, comme pour les rattraper. On voudrait les attacher, les enfermer pour ne pas qu'ils s'envolent au loin vers la frustration ou pire encore, l'oubli. Mais on ne peut pas oublier et c'est le plus difficile parfois car on a mal quand on y repense sans pouvoir pour autant les vivre, les revivre. La mélancolie est un sentiment bizarre et difficile. On est enfermé dans notre esprit à fouiller des épaves de notre bonheur. On ne vit plus dans le présent, notre passé nous emprisonne et nos songes ne sont que tristesse et regret. On rêve des personnes que l'on ne reverra plus, on fait une croix sur notre avenir, on s'éloigne de la réalité. On est là, on vit sans exister. Les autres s'éloignent de nous par malaise face à notre mal-être. Nous sommes des drogués du passé. En fait, on est lâche. On ne sait pas comment affronter l'avenir, on a peur des projets, de l'inconnu, du « vertige de l'angoisse ». Alors on reste en retrait et on rêve, on rêve, cela devient même notre seule activité. On se saoule de rêve à n'en plus finir, à n'en plus rien comprendre.
Ok.
Jessijames